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Instrumentarium

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Vielle à roue / chifonie

Instrument à cordes frottées, l'archet étant remplacé par une roue sur laquelle sont posées les cordes. Premier instrument à cordes doté d'une mécanique pour produire des notes : les touches du clavier actionnent un sautereau qui modifie la longueur vibrante de la corde puis redescend. Les autres cordes sont des bourdons, qui produisent un son continue.

A la fin du XIe apparition de l'organistrum, instrument surtout pédagogique, idéal pour étudier la théorie des intervalles et des proportions harmoniques. L'organistrum est une grande vielle à roue, jouée par deux musiciens : le premier (le maître) tourne la manivelle, le second (l'élève) soulève les tirettes avec sa main entière pour produire des notes continues, destinées à accompagner le chant. L'organistrum tombe en désuetude au XIIIe siècle.

Un organistrum est visible dans une scène du film « Benedetta » avec Virginie Efira, dont l'action se déroule au XVIIe siècle (léger anachronisme).

Au XIIIe, apparition de la vielle à roue jouée par un seul musicien, dénommée « armonie » ou « symphonie », puis « chifonie » par déformation du mot. La caisse de résonnance est généralement rectangulaire, les touches sont actionnées par un seul doigt, ce qui permet un jeu plus rapide. Instrument d'abord diatonique, il devient chromatique au XVe siècle. En Suède la roue est parfois remplacée par un archet, ancêtre de la nickelharpa. A la fin du Moyen Age, apparition du « chien » qui permet de produire un rythme avec la manivelle. La corde mélodique s'appelle la chanterelle.

La chifonie devient à la Renaissance l'instrument des musiciens ambulants, voire des mendiants (lira mendicorum). Les mendiants sont appelés chifoniens, d'où le terme de chifonier employé plus tard.

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Vièle à archet (également appelée viole, gigue, lira da braccio, vihuela da arco, fiddle)

Instrument à cordes frottées, précurseur de la famille du violon. La vièle médiévale prend des formes variées (piriforme, ovale, en huit), le manche est plus ou moins grand. Instrument souvent monoxyle (tête / manche / caisse creusés dans un seul bloc de bois), le musicien appuie sur les cordes ou parfois les touche avec l'ongle ou la pulpe du doigt. Le chevalet (pièce où sont posées les cordes) est souvent plat, ce qui induit un jeu sur plusieurs cordes avec bourdon. Une corde peut être tendue à l'extérieur du manche juste pour faire office de bourdon (son continue). La vièle comporte de deux à cinq cordes. Elle est jouée « à bras », comme le violon, ou posée entre les jambes, comme la viole de gambe. L'archet mesure de 30 cm à 1 mètre, il est composé d'une baguette courbée de bois souple (if ou cornouiller) et d'une mèche en crin de cheval, enduite de colophane (résine) pour accrocher les cordes. Seuls deux archets médiévaux ont été retrouvés lors de fouilles archéologiques. Les cordes sont traditionnelement en boyau, parfois en métal à la fin du Moyen Age. Diverses essences sont utilisées pour la caisse (résineux, tilleul, noyer, érable, cornouiller). La vièle est très représentée dans l'iconographie médiévale, notamment pour accompagner le chant.

Le rebec

Le rebec est une petite vièle qui apparait dans les textes au XIVe siècle. Il descend du rebab arabo-andalou, mais la table de ce dernier est en peau d'animal tandis que celle du rebec est en bois.

Le rebec possède trois ou quatre cordes et sa conception est généralement monoxyle (creusé dans un seul bloc de bois).

Le rebec a un son perçant, aiguë et parfois nasillard.

Il se joue "à bras", tenu contre la poitrine ou sous le menton ou posé sur le genou comme le rebab.

A la fin du Moyen Age le terme rebec tend à désigner tous les instruments de type vièle à archet.

La famille des luths

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La famille des luths regroupe l'ensemble des instruments à cordes pincées.

Le luth est présent dès l'Antiquité dans toutes les grandes cultures (Sumériens, Egyptiens, Grecs, Romains).

Le luth médiéval.

Le luth médiéval à fond bombé apparait dès le IXe siècle en Espagne. Les musiciens l'empruntent au ûd de leurs confrères musulmans. Le luth, instrument idéal pour accompagner le chant, va se diffuser à l'ensemble de l'Europe occidentale et est très représenté dans l'iconographie à partir du XIIIe siècle.

La caisse est un assemblage de côtes de bois courbées au fer (sur le principe des coques de bateau), ce qui en fait un instrument léger et de grande taille. Le manche est prolongé par un chevillier qui part en angle marqué, ce qui lui donne sa forme particulière. Le manche est généralement fretté avec des frettes en boyau, matière dont sont constituées également les cordes. Le chevalet est collé sur le manche à l'aide d'une colle animale. Le luth est traditionnellement joué avec un plectre, constitué d'une plume. La caisse est percée de plusieurs ouies, puis d'une rosace unique à partir du XIVe siècle. Le jeu avec les doigts apparait au XVe siècle, quand l'instrument devient plus sonore et pour permettre le jeu polyphonique. Le nombre de corde est souvent de 4 ou 5, doublées ou non.

Les luths utilisées de nos jours dans certaines musiques traditionnelles permettent d'interprêter les musiques médiévales : oud du Maghreb ou de Turquie, cobza de Roumanie. 

La guiterne.

La guiterne est une évolution du luth médiéval.

Elle se caractérise par une conception monoxyle, c'est à dire creusée dans un seul bloc de bois. Le chevillier est en faucille et le manche fretté de frettes en boyau.

La guiterne peut accompagner le chant mais aussi permettre des ornementations et un jeu virtuose. La renommée guiterniste italien  du XVe siècle Pietrobono s'étend à toute l'Europe.

La guiterne est parfois présentée comme l'ancêtre de la mandoline.

La citole.

La citole est également souvent monoxyle. Elle est dans certains cas caractérisée par un manche très épais, évidé pour laisser passer le pouce de la main gauche. Instrument fretté, avec des frettes de boyau ou parfois des petites planchettes de bois sculptées ou collées sur le manche. La caisse peut être arrondie ou parfois comporter des pointes (forme de feuille de houx). Elle comporte quatre ou cinq cordes, souvent en chœurs doubles. 

La citole est montée de cordes en métal, qui sont documentées à la fin du Moyen Age, ou des cordes en boyau. Dans les textes cet instrument est décrit comme populaire, solide et largement répandu.

La citole est parfois présentée comme l'ancêtre du cistre, notamment de la cetera corse.

Instruments divers.

Percussions : tambour, cymbalettes, cloches, crécelles, tambourin.

Instruments à vent : flûte à trois trous, nafir, corne d'appel.

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